I was really good at my job | theunderargument.com

J'étais vraiment bonne à mon job

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Par Alex

Je suis une ex-surveillante pénitentiaire. C'est encore assez nouveau pour moi de réaliser que cela fait partie de mon passé. J'ai été forcée de quitter mon job à cause de l'effet qu'il commençait à avoir sur ma santé mentale. Et même si j'étais très consciente de la façon dont mon esprit n'arrivait pas à faire face, il m'a fallu un certain temps pour réaliser l'effet qu'il avait sur mon corps.

J'ai oublié de prendre soin de moi pendant longtemps. En tant que gardien de prison, vous faites subir des choses extrêmes à votre corps. D'un instant à l'autre vous pouvez vous retrouver à vous quereller avec les meilleurs d'entre eux puis à vous fourrer des paquets de biscuits tout en riant avec les collègues qui ont potentiellement sauvé votre vie. Et puis 5 minutes plus tard, vous repartez, sprintant vers Dieu sait quoi. C'est la vie quotidienne d'un agent pénitentiaire. Raconter le nombre de situations, à la fois bonnes et terriblement tragiques dans lesquelles je me suis retrouvais sonneraient comme un paquet de mensonges.

C'était épuisant. Ça m'a mit un coup. Ce n'est pas un environnement de travail sain et ce n'est pas un mode de vie sain non plus. A cause des heures et de l'intensité du travail, je n'avais pas de vie sociale. J'ai eu du mal à trouver l'énergie pour aller au sport ou pour bien manger. Les jours de congés consistaient uniquement à essayer de dormir suffisamment pour rendre le prochain quart de travail faisable et à faire la lessive. J'ai perdu beaucoup de qui j'étais en dehors de mon travail. Et cela m'a finalement coûté une relation amoureuse et un excellent partenaire.

Ce fut un véritable défi de trouver qui je suis après le service pénitentiaire. Je dois à nouveau me reconnecter à mon corps. Je prends la vie très lentement en ce moment. Je dors beaucoup et je pleure beaucoup. Cela prend plus de temps que je ne le pensais pour récupérer - je n'aurais jamais pensé que je me trouverais aussi paralysée par un travail.

Mais je prends le temps, chaque jour, de me reconnaître. Je trouvais un réel pouvoir dans mon travail, mais ma force réside dans qui je suis, pas dans ma carrière. Je suis tellement fière de moi. J'étais vraiment bonne dans mon travail. Et si je peux faire ça, je suis presque sûre de pouvoir faire tout ce que je veux.