Being vulnerable so I can help others | theunderargument.com

Vulnérable afin d'aider les autres

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By Naomi N.

Ce n’est que l’année dernière que je me suis sentie capable de parler ouvertement et parfois même avec confiance de mon passé à quiconque autre que des professionnels. Je n'ai pas peur de partager mon histoire, aussi vulnérable me rende t-elle. Donner de la lumière à nos expériences, aussi difficiles soient-elles, est une façon d'aider les autres à surmonter leurs propres combats. Je n'ai rien à perdre. J'ai donc décidé que je ne cacherais plus rien; Je ne peux pas changer ce qui s'est passé, mais je peux certainement changer la façon dont cela m'affecte aujourd'hui. Cela m'a donné un énorme sentiment d'appartenance: ce «secret» ne me possède plus, ce n'est plus quelque chose que je dois essayer de cacher.

Petite, la vie à la maison était toujours difficile pour une raison ou une autre et la vie à l’école n’était guère meilleure. Quand j'ai commencé l'école secondaire, j'ai été victime d'intimidation pendant un an, la majorité des enfants de ma classe avait simplement décidé sans raison apparente de m'attaquer quotidiennement. J'avais quelques amis mais je ne me sentais tout simplement pas en sécurité à l'école. J'avais 12 ans, je n'avais nulle part où être en sécurité, alors j'ai commencé à m'automutiler.

Absolument personne ne s'est rendu compte de mon automutilation pendant 4 ans, c'était mon secret. Je veux vraiment insister la dessus parce que beaucoup de gens pensent que l'automutilation est une quête d'attention. Je me suis fait du mal pour un certain nombre de raisons: je me détestais, je sentais que j'avais besoin de me punir d'être une si mauvaise personne, je l'ai utilisé pour me distraire des flashbacks de mon passé... Ces flashbacks étaient ceux des abus sexuels que j'ai vécu pendant mon enfance par mon grand-père paternel.

Ma mère a remarqué que je n'agissais pas comme un enfant normal parce que j'avais l'air triste tout le temps. Je ne riais pas, je ne jouais pas. Mon grand-père m'a dit que si je parlais à quelqu'un de ce qu'il me faisait, de mauvaises choses m'arriveraient ainsi qu'à ma famille. Ma mère a su quoi me demander pour que je lui révèle ce qu'il me faisait, même si je ne le comprenais pas vraiment, je savais que ce n'était pas quelque chose de normal, je savais que ça me faisait mal. Je suis allée au tribunal et j'ai parlé des abus et je ne l'ai plus jamais revu. Malheureusement, bien qu’il ait été accusé d’un grand nombre de crimes, il n’est pas allé en prison. Il a simplement été inscrit au registre des délinquants sexuels à vie et n'était plus autorisé à approcher les moins de 18 ans.

Seule Becca, ma meilleure amie à l'époque, était au courant de mon automutilation. L'intimidation a cessé, j'avais un excellent groupe d'amis, j'ai fini le lycée avec de très bonnes notes, et Becca des notes excellentes. Nous avons commencé l'université, nous sommes restées en contact mais séparées par la distance, nous n'étions pas aussi proches. Elle a obtenu son diplôme et est devenue enseignante, malgré de nombreux problèmes de santé en cours de route. Elle a été diagnostiquée avec une tachycardie posturale, le syndrome d'Ehlers-Danlos et la maladie d'Addison... Toutes des maladies rares qui ont rendu sa vie extrêmement difficile, la laissant finalement attachée à un fauteuil roulant.

J'ai abandonné l'université - j'avais opté pour l'alcool et la drogue plutôt que pour mes études. Maintenant je me comprends un peu mieux, je me rends compte que j'avais en fait remplacé l'automutilation par des addictions qui étaient beaucoup plus socialement acceptables pour les adolescents. Je n’avais jamais parlé à un psychologue car on pensait que cela affecterait le procès à l’époque, pourquoi je n'en ai pas vu un après, je ne sais pas. Une chose dont je suis certaine c'est que si j'avais eu la thérapie dont j'avais besoin, je n'aurais pas lutté secrètement pendant si longtemps.

J'ai rencontré mon mari, Reece, en 2010 et j'ai trouvé un emploi stable dans le secteur de la santé mentale. Je suis devenue sobre facilement, c'était de toute façon seulement récréatif, et ma consommation d'alcool est passée de tous les jours à tous les quinze jours. J'étais moi-même avec Reece, je ne cherchais pas une relation parce que toutes mes précédentes étaient toxiques, donc je ne me demandais pas si je le repoussais, en fait je pensais qu'être moi-même lui ferait peur mais cela s'est retourné contre nous et nous sommes tombés amoureux. Nous avons parcouru le monde pendant presque 5 ans.

Nous avons vécu et travaillé dans 5 pays sur 4 continents et nous avons exploré plus de 20 pays ensemble. Je pense que de bien des façons, les voyages m'ont guéri. Cela m'a appris que la plupart des gens dans ce monde sont bons et que notre planète est absolument magnifique, et que la vie est si courte et si injuste que lorsque la vie semble aller bien, vous devez la saisir et vous en sentir reconnaissant. Cela m'a aussi appris que si je veux vraiment quelque chose, je peux l'obtenir. Je n'ai jamais su ce que je voulais comme carrière et cela m'a toujours donné le sentiment de n'avoir aucun goal. Par contre, j'ai toujours su que je voulais voyager et voir le plus possible de notre monde, alors une fois avoir atteint ce goal, ma confiance a commencé à grandir.

En 2019, Reece et moi nous sommes mariés et avons eu notre fils, River. 6 mois après le début de ma grossesse, j'ai eu peur au travail et cela m'a renvoyé un flashback de l'abus sexuel. Ce n’était pas la première fois que cela se produisait, ils étaient toujours là, mais cette fois j’ai eu plus peur parce que je voulais protéger mon bébé. Les flashbacks sont devenus plus fréquents une fois que j'ai eu River, l'épuisement et les hormones n'ont rien arrangés. J'avais constamment des pensées intrusives à propos de moi ou d'autres personnes tuant ou abusant sexuellement River. Reece, tout comme mes thérapeutes, savaient que j'avais ces pensées et m'ont assuré que je n'agirais pas en conséquence, mais cela ne m'a pas empêché de me détester d'avoir ces pensées.


J'ai si bien caché tout cela que je ne pense même pas avoir réalisé à quel point je n'allais pas bien, je me sentais vraiment suicidaire et je savais juste que j'allais me tuer un jour. J'ai commencé à entendre des voix qui me disaient de me suicider et je croyais que des gens avaient installé des caméras dans ma maison, avaient mis mon téléphone sur écoute et avaient l'intention de kidnapper River. J'ai essayé de détruire les relations avec les personnes qui étaient les plus proches de moi, je suppose que j'essayais inconsciemment de faciliter la sortie de ce monde en ruinant tout ce qui m'aidait à tenir. Finalement, alors que je continuais à me détériorer et que je trouvais de plus en plus difficile de le cacher, j'ai été hospitalisée. J'ai passé un total deux fois 3 mois dans une unité mère-bébé.

Lors de ma deuxième admission, j'ai appris que Becca était décédée, 2 jours avant son 28ème anniversaire. Je me sentais brisé. C'était la période la plus difficile de ma vie, je pensais que j'étais déjà au fond mais cela m'a complètement détruite. Beaucoup de détails de cette période m'échappe mais ce dont je me souviens, c'est de vouloir mettre fin à ma douleur, je croyais complètement que ma mort était la meilleure solution pour tout le monde, que Reece et River seraient mieux sans moi, que je détestais être tellement vivante que cela avait du sens que j'y mette fin.

Les gens disent que le suicide est égoïste, mais ils ne réalisent pas à quel point ils sont égoïstes en partageant cette opinion unilatérale. Les gens deviennent tellement malades qu’ils sont poussés au suicide. Ils méritent plus de respect et d’empathie. Ce genre de discours me mets sur la défensive parce que je connais cette douleur. Mais je me souviens d’une gentille infirmière qui me disait: «Il y a encore une petite étincelle à l’intérieur de toi, tiens bon». Elle avait raison, si cette étincelle n’était pas là, je serais déjà partie. Alors je l'ai fait, je me suis accrochée, j'ai remis cette étincelle en question, parfois je l'ai détestée parce que je voulais mourir mais j'ai finalement réalisé que je voulais aller mieux, pour River et pour Reece. Je savais que River avait besoin d'une maman qui s'aimait, alors j'ai appris à le faire et ce faisant, j'ai réalisé que je devais m'aimer pour moi aussi bien que lui.

Tout au long de mon rétablissement, les professionnels me disaient toujours l'importance de prendre soin de soi, mais ils ont manqué un élément clé: je n'avais pas l'impression de mériter autant d'amour propre. J'avais besoin d'apprendre à m'aimer avant d'apprendre à prendre soin de moi. Ma façon à moi avait toujours été autodestructrice; c'était généralement de l'alcool. J'ai bu pour m'échapper, pour m'accorder une pause.

Je suis sortie de l’hôpital en avril de cette année et, heureusement, j’ai continué à aller mieux à la maison. On m'a diagnostiqué un stress post-traumatique complexe et un trouble dépressif récurrent. J'ai fait beaucoup d'œuvres d'art pour améliorer ma santé mentale et je suis actuellement en thérapie pour, espérons-le, surmonter mes traumatismes une fois pour toutes.

Je suis couverte de tatouages ​​qui cachent mes cicatrices d'automutilation. J’ai vraiment du mal à parler ouvertement de mes cicatrices, car même si personne ne devrait en avoir honte, je sais qu’elles peuvent être un déclencheur pour d’autres qui luttent encore contre cette envie, je pense donc que je dois faire attention à ne pas les «afficher». Mais je veux aussi les accepter.

Je n’aime pas mes cicatrices, elles me rappellent des moments sombres. Mais j'adore mes tatouages, ils couvrent les cicatrices et me donnent envie de montrer ma peau au lieu de la couvrir, pour la première fois de ma vie d'adulte (sauf si j'étais ivre). Je finirai par couvrir toutes mes cicatrices pour me sentir mieux, mais ce n’est qu'un besoin personnel. Quand je vois des cicatrices similaires sur d'autres personnes, la dernière chose que je pense est "qu'ils cherchent à attirer l'attention", je pense plutôt "ils sont si courageux de les montrer, ils sont si forts de traverser tout l'enfer qui les a poussés à faire ça en premier lieu". Peut-être qu'un jour j'aurai ces sentiments envers moi-même. Mais pour l’instant, je suis juste heureuse d’avoir eu l’opportunité de partager mon histoire, dans l’espoir d’aider les autres à se sentir moins seuls. Je suis également heureuse d'avoir eu le courage de me tenir en sous-vêtements et de ne pas essayer consciemment de couvrir mes cicatrices et d'être paranoïaque sur qui peut les voir et ce qu'ils doivent penser de moi.

Reece m'a toujours appelé son tigre, parce que je suis "tigrée". Il m'a aidé à apprendre à les accepter au cours de la dernière décennie et à me rendre compte que peu importe ce que les autres pensent, ceux qui comptent ou plutôt qui devraient compter m'accepteront pour qui je suis. Je ne dis pas qu’ils devraient «comprendre», car je pense qu’il est assez difficile pour beaucoup de gens de comprendre l’automutilation. Espérons qu'avec plus de gens ouverts et honnêtes à ce sujet, nous pourrons faciliter l'apprentissage des autres et mettre fin à toute la stigmatisation qui y est attachée.

Nous semblons tous accepter de plus en plus les maladies mentales, mais l’automutilation semble toujours être une chose que personne ne «comprend», et elle est jugée si rapidement. "Ne jugez pas un livre par sa couverture" est la meilleure réponse à cela, ce n'est pas parce que quelqu'un les expose qu'ils veulent que les gens les remarquent. Je me souviens d'avoir eu toujours trop chaud à l'école et à l'université tout au long de l'été parce que je portais des manches longues quelle que soit la température car j'étais pétrifiée à l'idée qu'elles ne soient vues. Je portais des collants noirs sous mon bikini parce que je préférais me démarquer en portant des collants à la piscine plutôt que de montrer mes cicatrices. J'ai porté 5 paires de collants à mon bal de fin d'année pour couvrir mes jambes, j'ai essayé de les couvrir avec toutes les marques de fond de teint mais rien n'a jamais vraiment fonctionné.

La seule amie qui comprenait vraiment ce que je vivais et qui était là pour moi était Becca. Je donnerais n'importe quoi pour pouvoir lui parler de tout ce qui s'est passé. Je n'avais pas réalisé à quel point ces conversations étaient importantes avant de la perdre. Je pense toujours "oh, je dois dire ça à Becca" et je ne peux pas. Elle a été une véritable amie pour moi, de l'enfance à la fin, et j'aurais aimé lui dire ce qu'elle représentait pour moi avant qu'il ne soit trop tard. Mais je vais continuer à récupérer, à partager mon histoire et à créer. Elle est ma plus grande motivation, elle n’a pas eu une vie facile et elle a quand même accompli tant de choses. Quand je trouve la viee difficile, je pense à Becca et à quel point elle voulait que la vie se passe bien pour moi et cela me permet de continuer. Elle était l'une de mes plus grandes fans et elle a fait bien plus pour moi que je ne le pensais de son vivant. J'ai juste besoin d'être reconnaissante d'avoir eu la chance de l'avoir dans ma vie, même si je l'ai perdue trop tôt.